Abbaye
de la Maigrauge

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Mère abbesse

Le mercredi 19 août 2009

Réception de la copie du Saint Sépulcre pascal de la Maigrauge 19 août 2009  

Chère Madame la Conseillère d’Etat

Chères Madame Villiger et Madame Lehnherr, Directrices nouvelle et ancienne du Musée d’art et d’histoire,

Chers Maître Marius Cottier, cher Maître Dominique Dreyer, ancien et nouveau Président de l’Association des Amis de la Maigrauge, vous tous, chers invités,

  « Ne laissez jamais partir le Christ au tombeau », m’avait recommandé ma Mère Abbesse, lorsqu’elle m’a transmis la charge abbatiale.

Mais quand nous avons commencé la restauration de notre église au début de l’année 1980, il fallut  bien se résoudre à le mettre en lieu sûr, à la fois pour le protéger, mais aussi pour continuer sa restauration qui avait été commencée sur place pour éviter un changement de climat. C’est à ce moment-là que les restaurateurs successifs du Musée d’art et d’histoire ont exprimé le désir de garder pour toujours au Musée l’œuvre d’art extraordinaire pour l’avoir plus facilement sous leur contrôle. Idée qui nous fut très difficile à admettre, comme il fut difficile pour la communauté d’accepter la vente du Saint Sépulcre à l’Etat en 1902. 

Je vais vous lire un petit extrait du journal de Sœur Jeanne-Marie Comte, alors procureuse, c. à d. économe du monastère, quelques années plus tard élue abbesse de la Maigrauge, qui exprime ses sentiments dans son style très spontané, sentiments qui ont souvent été ravivés dans notre communauté durant une centaine d’années. Voici ce qu’elle écrit sous le titre 1901-1902 : "Pendant quelque temps, M. le Dr. Zemp ( grand historien d’art ) et M. Jean de Techtermann, (directeur du Musée) venaient si souvent que nous leur avons demandé s’ils n’auraient pas bientôt l’intention de prendre l’habit. Un jour qu’ils étaient occupés à photographier toutes nos vieilles statuts en bois, nous leur fîmes voir le Christ au Tombeau. Ils en furent si émerveillés que nous eûmes toutes les peines du monde à les faire sortir de la clôture. L’année suivante, ils firent au P. Engelbert (aumônier) la proposition de nous acheter cette œuvre d’art pour le Musée. Mais personne ne consentit à cette proposition. Nous tenions tellement à cette vieille statue de bois qui nous inspirait tant de dévotion pendant la Semaine Sainte. Le Père insistait et s’étonnait qu’on y soit si attachées. « Depuis le temps qu’on  l’embrasse, on peut bien l’aimer » lui avons-nous répondu." Et c’était vrai. Cette réponse était l’expression de tous nos sentiments et de ceux des anciennes sœurs qui nous avaient précédées. Le Christ faisait partie de notre piété et de notre couvent.

M. Techtermann fit alors la proposition suivante : L’Etat donnerait la somme de 2000.- frs. pour que le Christ fut toujours exposé dans la partie extérieure de l’église. Il serait la propriété de l’Etat, mais il ne pourrait jamais nous être enlevé tant que le couvent subsisterait. Mais comme je faisais quelques objections sur cet arrangement, l’acte fut signé par le P. Engelbert et Mme l’Abbesse sans que je l’ai vu, ni su."

Aujourd’hui, nous allons signer une nouvelle convention entre l’Etat et l’Abbaye de la Maigrauge relatif au Saint Sépulcre  au vu et au su de nous tous ici - présents. Au nom de ma communauté, de nos hôtes et de nos visiteurs, je dis MERCI, UN GRAND MERCI, à Dieu d’abord qui nous a donné des amis fidèles et sages, des autorités respectueuses des grandes valeurs culturelles et religieuses, fondement d’une société vraiment humaine, qui ont permis que nous cheminions ensemble vers la solution : la copie que nous avons l’émotion de recevoir en ce jour et que Dom Mauro, Père Abbé d’Hauterive, va bénir pour qu’elle devienne icône sainte, médiation de la grâce de Dieu.

Je remercie avant tout Madame Isabelle Chassot, directrice du département de l’instruction  publique,  de la culture et du sport. Après vous être laissé conseiller par des experts qualifiés, vous avez décidé, d’un commun accord avec vos collègues du Haut Conseil d’Etat de Fribourg, d’offrir à notre communauté une copie de l’œuvre d’art, afin d’honorer la convention établie par vos lointains prédécesseurs avec notre monastère. Que le Christ ressuscité et toujours vivant vous exprime notre profonde reconnaissance en vous soutenant dans votre ministère pour le bien de la population fribourgeoise.

Je remercie aussi vos aimables collaborateurs, Monsieur Gérald Berger, chef de service, et Monsieur Laurent Passer, conseiller juridique. Et c’est vous, Maître Marius Cottier, en votre qualité de Président des Amis de la Maigrauge, qui avez mené les premières négociations avec le département de l’instruction publique et avec la direction du Musée d’art et d’histoire vers une solution du dilemme. Vous, Maître Dominique Dreyer, comme nouveau Président de l’Association des Amis de la Maigrauge, vous avez fait la connaissance du dossier en pleine évolution et vous nous avez aidé à en finaliser la nouvelle convention, désormais prête à la signature. Je vous remercie l’un et l’autre de votre aide indispensable.

J’en viens aux dames directrices du Musée. Vous, chère Madame Lehnherr, vous connaissez à fond  les problèmes des différentes restaurations par les restaurateurs successifs du Saint Sépulcre. Pendant beaucoup d’années, nous avons porté en commun le souci de la conservation : observation, mesurage d’humidité, etc.  Finalement, la possibilité d’une copie à réaliser vous a soulagée et enthousiasmée. Aussi avez-vous tenu à nous associer aux progrès de sa réalisation. Je vous remercie du bon accueil que vous nous avez toujours réservé lors de nos visites au Musée. Nous vous souhaitons maintenant une belle et intéressante retraite.
Vous, chère Madame Villiger, vous avez une longue relation avec le Saint Sépulcre pascal. Votre fiche explicative est de haute valeur. J’ai eu la joie de l’actualiser avec vous d’un commun accord et je vous remercie de votre grande disponibilité à collaborer pour préparer la fête de ce jour. Avec les directrices, je remercie aussi leurs collaborateurs, en particulier Monsieur Alain Fretz, l’actuel restaurateur du Musée, qui a eu pour tâche combien redoutable de réaliser cette copie. Avec audace, vous vous êtes lancé dans l’exploration de moyens techniques d’avant-garde et avec vos collaborateurs vous avez réussi une copie qui est elle-même un chef d’œuvre. Je vous propose d’applaudir Monsieur Alain Fretz et tous ceux qui ont contribué à la recréation de l’icône.

Il me reste à vous présenter nos musiciennes de l’Ensemble Musica - Tre-Fontane, Madame Renate Dörfel Kelletat de Berlin et Madame Donata Dörfel de Genève. Elles ont répondu avec enthousiasme à ma proposition de venir contribuer par leur art à une réception digne de l’image sainte. Je les remercie, elles aussi, de leur si profonde disponibilité.

Nous passons maintenant à un moment méditatif introduit par nos musiciennes. Ensuite, nous écouterons les passages de l’Evangile représentés par le Saint Sépulcre ; puis, Père Abbé le bénira. Après une méditation musicale, nous écouterons deux textes, l’un de l’abbé cistercien Guerric d’Igny, l’autre de l’Abbé cistercien Bernard de Clairvaux dont la mémoire liturgique est célébrée, aujourd’hui pour Guerric, demain pour Bernard. Et nos musiciennes nous conduiront vers l’Alleluia de Pâques.


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